Coureuse française préparant son shaker de protéines dans sa cuisine moderne avant l'entraînement
Publié le 6 février 2026

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un avis médical ni nutritionnel personnalisé. Les besoins en compléments varient selon votre profil. Consultez un professionnel de santé ou un nutritionniste du sport avant toute supplémentation.

Vous enchaînez les sorties, mais vos jambes restent lourdes. Les crampes reviennent. La fatigue s’accumule malgré le repos. Et là, réflexe classique : vous tapez « compléments alimentaires running » sur Google. Problème ? Vous tombez sur des listes de 15 produits, sans savoir lesquels vous concernent vraiment. Franchement, c’est la jungle. Mon objectif ici : vous éviter de claquer 80 € par mois dans des poudres inutiles, et vous orienter vers les 4 compléments qui font réellement la différence pour une coureuse.

L’essentiel supplémentation running en 30 secondes

  • Priorité absolue : magnésium bisglycinate (300 mg/jour) et électrolytes pour les sorties longues
  • Protéines/EAA utiles si volume >3h/semaine ou objectif compétition
  • Vitamine D indispensable d’octobre à mars (70% des Françaises sont en insuffisance)
  • Fer : jamais sans bilan sanguin préalable
  • Timing : matin pour magnésium, 30-45 min post-effort pour protéines

Avant les compléments : vérifiez d’abord votre assiette

Je vais être directe : la moitié des coureuses qui viennent me voir pensent avoir besoin de compléments alors qu’elles sautent des repas ou mangent mal. Soyons clairs. Les compléments ne rattrapent pas une alimentation bancale. Si vous grignotez un croissant avant votre sortie du samedi et que vous dînez d’une salade vite fait, aucune gélule ne compensera.

Supplémentation sans bilan : les risques à connaître

Le fer est le parfait exemple. Beaucoup de coureuses se supplémentent « au cas où » alors qu’elles n’ont pas de carence. Résultat ? Risque de surcharge en fer, qui fatigue le foie et le cœur. Mon conseil : pas de fer sans prise de sang récente confirmant la carence. C’est non négociable.

Les signaux qui doivent vous alerter ? Fatigue persistante malgré le repos. Crampes récurrentes sur les sorties de plus de 12-15 km. Sensation de jambes en coton dès le lendemain. Récupération qui traîne. Ces symptômes peuvent pointer vers une carence en magnésium ou en vitamine D, très fréquentes chez les sportives. Selon le rapport de référence de l’ANSES, 70% des adultes français présentent une insuffisance en vitamine D, et 6,5% une vraie carence.

Différents compléments alimentaires pour running disposés sur plan de travail en bois
Magnésium, électrolytes, protéines : identifier les priorités selon son profil

Avant de sortir la carte bleue, posez-vous ces questions : mangez-vous suffisamment de légumes verts et de légumineuses (sources de magnésium) ? Consommez-vous des protéines à chaque repas ? Sortez-vous au soleil régulièrement entre avril et octobre ? Si la réponse est non à deux de ces questions, commencez par ajuster votre alimentation. Les compléments viennent ensuite, pas avant.

Les 4 compléments qui changent vraiment vos performances

L’erreur la plus fréquente que je rencontre ? Les coureuses qui achètent des BCAA par réflexe, parce qu’elles ont vu ça sur Instagram. Sauf que les BCAA seuls (leucine, isoleucine, valine) ne représentent que 3 acides aminés sur les 9 essentiels. Pour une synthèse protéique efficace, vous avez besoin du spectre complet. C’est comme essayer de construire un mur avec seulement trois types de briques. Les EAA (acides aminés essentiels) offrent un profil bien plus adapté à la récupération, comme l’explique cet article sur les bienfaits des acides aminés essentiels.

Passons aux priorités. Voici le récapitulatif des 4 compléments vraiment utiles pour une coureuse régulière, avec leurs dosages et indications. Ces données s’appuient sur les recommandations nutritionnelles officielles et les retours terrain de coureuses accompagnées.

Magnésium, électrolytes, protéines, vitamine D : le comparatif décisionnel
Complément Utilité running Timing optimal Dosage indicatif Pour qui ?
Magnésium bisglycinate Anti-crampes, récupération musculaire, qualité de sommeil Matin ou soir, en dehors des repas 300 mg/jour Toutes coureuses régulières
Électrolytes Hydratation effort long, prévention crampes Pendant sorties >1h 500-700 mg sodium/L Sorties longues, chaleur, transpiration abondante
Protéines/EAA Réparation musculaire, récupération accélérée 30-45 min post-effort 1,2-1,5 g/kg/jour >3h/semaine ou prépa compétition
Vitamine D3 Santé osseuse, immunité, prévention fatigue Matin avec repas gras 15-25 µg/jour Octobre à mars (toutes)

Pour les protéines, les recommandations des nutritionnistes du sport font consensus : comptez entre 1,2 et 1,5 g par kilo de poids corporel pour une coureuse d’endurance. Pour une femme de 60 kg, ça représente environ 72 à 90 g de protéines par jour. Si vous n’atteignez pas ce seuil via l’alimentation, une whey ou des EAA post-effort peuvent compléter.

Le magnésium mérite une attention particulière. D’après les données nutritionnelles officielles, l’ANSES préconise 300 mg/jour pour les femmes. La forme bisglycinate est particulièrement adaptée aux sportives : absorption rapide, effet laxatif limité. Évitez l’oxyde de magnésium, mal assimilé.

Pour trouver des formulations de qualité adaptées aux sportives, ce site spécialisé propose des produits avec des dosages précis et des formes bien assimilables.

Quel complément selon votre profil de coureuse ?

  • Volume <3h/semaine (loisir) :
    Magnésium + Vitamine D (octobre-mars). Budget : 15-20 €/mois.
  • Volume 3-5h/semaine (régulière) :
    Magnésium + Vitamine D + Électrolytes sorties longues. Budget : 25-35 €/mois.
  • Volume >5h/semaine ou prépa compétition :
    Les 4 compléments + attention particulière aux protéines post-effort. Budget : 40-55 €/mois.
  • Fatigue chronique inexpliquée :
    Bilan sanguin d’abord (fer, ferritine, vitamine D, magnésium). Pas de supplémentation à l’aveugle.
Coureuse française buvant son shaker de récupération après entraînement dans un parc urbain
La fenêtre post-effort : 30-45 minutes pour optimiser l’assimilation

Quand et comment les prendre selon votre entraînement

Le timing compte autant que le produit. Prendre du magnésium n’importe quand, c’est gaspiller une partie du potentiel. Voici un planning type que j’utilise avec les coureuses que j’accompagne.


  • Magnésium (300 mg) + Vitamine D avec petit-déjeuner

  • Rien de spécial, mangez normalement 2-3h avant

  • Électrolytes dans la gourde (500-700 mg sodium/L)

  • Protéines/EAA (20-25 g) + glucides

  • Magnésium + Vitamine D uniquement

Cas concret : Émilie, 38 ans, prépa semi-marathon

J’ai accompagné Émilie l’année dernière pour sa préparation au marathon de Paris. Elle venait me voir parce qu’elle n’arrivait plus à enchaîner les sorties : fatigue chronique, crampes dès le 12e kilomètre, jambes en plomb le lendemain. Son alimentation était correcte, mais un bilan sanguin a révélé une carence en fer (ferritine à 18 µg/L) et un magnésium dans les chaussettes.

Le protocole : fer sur prescription médicale (puisque carence confirmée), magnésium bisglycinate 300 mg/jour, et électrolytes pendant ses sorties longues. En 6 semaines, elle a retrouvé sa capacité à enchaîner les entraînements. Elle a terminé son semi sans crampes.

Fenêtre de récupération : ce qu’il faut retenir

La période post-effort (30-45 minutes) est favorable à l’assimilation des protéines, mais pas aussi rigide qu’on le pensait. Si vous ratez cette fenêtre, ce n’est pas dramatique. L’essentiel reste d’atteindre vos apports quotidiens. Cela dit, si vous avez le choix, privilégiez un shaker dans la demi-heure qui suit une sortie intense.

Pour compléter votre nutrition post-effort de façon naturelle, pensez aussi aux recettes de smoothies pour sportives qui combinent protéines, glucides et micronutriments.

Vos questions sur la supplémentation running

La créatine fait-elle grossir les femmes ?

Non, c’est un mythe tenace. La créatine peut provoquer une légère rétention d’eau intramusculaire (1-2 kg), mais pas de prise de masse grasse. Pour le running pur, elle n’est pas prioritaire (plus utile en sprint ou musculation), mais elle n’est pas contre-indiquée. Les études ne montrent pas de risque spécifique chez les femmes aux dosages recommandés (3-5 g/jour).

Puis-je prendre du fer sans ordonnance ?

Techniquement oui, les compléments en fer sont en vente libre. Mais je le déconseille fortement sans bilan sanguin confirmant la carence. Un excès de fer fatigue le foie et le système cardiovasculaire. Demandez à votre médecin un dosage de la ferritine, c’est l’indicateur fiable.

Les BCAA sont-ils vraiment utiles pour le running ?

Seuls, pas vraiment. Les BCAA ne représentent que 3 des 9 acides aminés essentiels. Pour une synthèse protéique complète, les EAA (acides aminés essentiels) sont plus efficaces. Si vous devez choisir, prenez des EAA ou une whey complète plutôt que des BCAA isolés.

Combien de temps avant de voir des résultats ?

Pour le magnésium : 2-3 semaines pour ressentir une amélioration sur les crampes et la récupération. Pour la vitamine D : 4-6 semaines minimum, le temps de remonter les stocks. Pour les protéines : l’effet sur la récupération est plus immédiat, mais les gains de performance se construisent sur plusieurs mois.

Peut-on mélanger plusieurs compléments ?

Oui, les 4 compléments présentés ici sont compatibles entre eux. Seule précaution : évitez de prendre le fer et le magnésium au même moment (espacez de 2h), car ils entrent en compétition pour l’absorption. Selon l’ANSES, 1 Français sur 4 consomme des compléments alimentaires : signalez toujours votre supplémentation à votre médecin.

Votre plan d’action immédiat

Les 5 étapes pour démarrer votre supplémentation running

  • Faites un bilan sanguin (fer, ferritine, vitamine D, magnésium) – cette semaine

  • Commencez par le magnésium bisglycinate (300 mg/jour) + vitamine D3 si période hivernale

  • Ajoutez les électrolytes uniquement si vos sorties dépassent 1 heure

  • Évaluez vos apports protéiques quotidiens avant d’acheter de la whey

  • Tenez un carnet de ressenti sur 4 semaines pour mesurer les effets

Précautions sur la supplémentation sportive

Les dosages mentionnés sont des moyennes générales à adapter selon votre poids, volume d’entraînement et état de santé. Une alimentation équilibrée reste la base : les compléments ne remplacent pas une nutrition adaptée. Certaines interactions existent entre compléments ou avec des médicaments : signalez toujours votre supplémentation à votre médecin du sport ou diététicien-nutritionniste.

La supplémentation intelligente, c’est 4 produits maximum, ciblés selon votre profil, intégrés à une alimentation solide. Pas 12 gélules prises au hasard. Mon conseil pour la suite : testez le duo magnésium + vitamine D pendant 6 semaines avant d’ajouter quoi que ce soit. Notez vos sensations. Ajustez ensuite. Votre corps vous dira ce qui fonctionne.

Rédigé par Léa Moreau, nutritionniste spécialisée en sport féminin exerçant en cabinet depuis 2018. Elle accompagne plus de 150 coureuses par an, du jogging loisir à la préparation marathon. Son approche associe nutrition de base et supplémentation ciblée, avec une attention particulière aux spécificités physiologiques féminines. Elle intervient régulièrement auprès de clubs d'athlétisme et écrit pour plusieurs médias sport-santé.